Un peu photographe, un peu curieux, surtout passionné…
Hôpital Podak (07/2026)
La vie s’écoule et s’acharne à déjouer les meilleurs rêves, envies et passions. Presque une année complète sans exploration urbaine ! Et c’est sans trop de manque que je passe cette période. La faute à la fatigue et aux projets personnels. Néanmoins, voir mes amis partir en road-trip urbex et découvrir des merveilles… me pince un peu le cœur.
Puis, début juillet 2026 entre deux canicules européennes, les astres s’alignent. Nous voilà partis pour l’hôpital Podak. Ni trop loin, ni trop près mais perdu au milieu des bois. L’entrée est presque trop facile mais la discrétion reste primordiale car l’ensemble est surveillé. Cela débute dans le noir au rythme de nos lampes. Décidément, je n’aime pas du tout l’exploration sombre : pas de lumière pour mes clichés et ça augmente mon côté flipette ! Mais bientôt, un puits de lumière vient me sauver et diffuse la lumière matinale dans une grande salle. Traces de destruction, faux plafond au sol, traces de squat, ancien salon de coiffure transformé en WC de fortune, le verre qui crisse sous les pieds et puis le silence…
Après quelques clichés, je retrouve le plaisir de cadrer, de chercher la bonne lumière, de sélectionner mes sujets… Mais je peste tout autant contre mon pauvre réflex numérique. Du haut de ses treize années, il rechigne un peu, fatigue, doit monter en ISO pour suivre dans les pénombres urbaines.
Le tour de cette première salle, qui fut une salle d’attente pour patients (bureaux, buvette, salon esthétique et de coiffure, boutique…), se termine. Je m’assoie et me laisse enivrer par le silence. Pas de voisins, pas d’enfants qui crient, pas de voitures, pas d’avions… J’ai l’impression de goûter à un plaisir trop rare.
Nous montons dans les étages qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau. La praticité des lieux est essentielle dans les hôpitaux. Les chambres ici, le poste de soin là, le bureau du cadre de santé par là-bas… Ce serait monotone, si je ne retrouvais pas le plaisir de l’exploration. L’insolite peut se cacher dans chaque pièce…
Le verre cassé, le faux plafond, les placards électriques ouverts, les enjambées pour éviter les obstacles, les petits coups de frayeur face à un miroir, l’humidité qui noircit les murs, l’armature en métal qui joue dans le vent, les découvertes murmurées aux copains d’explo, les blagues de mauvais goût comme pour garder à distance cette désolation de l’abandon.
Et aux détours des pièces, des noms restent accrochés aux murs : directeurs, directrices, cadres, aide-soignants, infirmières, etc. C’est toute une histoire qui s’écrit au milieu de l’oubli et des espaces vides. Les tracts des syndicats appelant à lutter contres les projets de fermeture…
Nos pérégrinations se terminent naturellement sur le toit face à une vue grandiose à 360° sur la région. Nous y mangeons et partageons anecdotes, nouvelles et projets. Puis nous quittons les lieux en esquivant des voleurs de câbles. En ce temps troublés, tout se revend ou se recycle.
L’abandon est cruel pour les bâtiments. Huit années ont bien détruit l’hôpital Podak.
Un peu d'histoire
L’hôpital exploré n’est qu’un seul petit bâtiment parmi un ensemble bien plus grand mais non accessible. Celui-ci fut construit au début du siècle comme un sanatorium, grand mal de l’époque face à l’industrialisation rampante.
En 1967 environ, l’hôpital Podak est construit et prends alors ses fonctions d’établissement de santé. À sa fermeture, il s’agissait d’un pôle gériatrique, l’était-il au début ? Aucune idée. En plein âge d’or, Podak offrait 1100 lits pour la région, notamment pour des soins de suite ou longue durée. Mais face aux crises des années 2000, un projet de réduction du personnel puis de fermeture commence à se faire jour en 2004. La fermeture n’interviendra que quatorze années plus tard.
Ne cherchez pas d’infos de localisation ou une partie histoire détaillée sur ce lieu, je n’en donnerai pas ni n’en publierai tant que l’Hôpital Podak sera abandonnée. Respectons-le pour la vie qu’il accueillit jadis, pour les gens qu’y vécurent et pour son éventuelle future vie (destruction, réhabilitation…).